Le Sacre en France

Le Sacre  du roi  de France s’inspire du choix et du droit divin,  comme le  sacre des rois d’Israël.
Ce sacrement a pour but de séparer le profane du sacré, et de réserver la personne du roi par la grâce de Dieu, au service de la nation,  avec l’aide de l’Esprit Saint.
Dans le nouveau Testament:

« Jésus-Christ, Roi des rois, est le principe de toute royauté, puisque tout pouvoir émane de LUI ». (comme Melchissedec dans l’Ancien Testament).

Au nom du Christ, Roi des rois, l’Eglise oint l’élu de Dieu, du saint chrême de la Sainte Ampoule, reçue de Dieu par l’évêque Rémi lors  du Sacre de Clovis.
L’administration du sacre royal est réservé en France, à l’archevêque de Reims.

«L’onction royale fait du roi, l’homme du Christ» écrit Jean de Pange, et Jeanne d’Arc traduit cette pensée en disant à Charles VII : «Vous serez le lieutenant du roi des Cieux qui est Roi de France».

La légitimité se fonde sur la consécration religieuse. L’Eglise affirme ainsi, qu’elle ne couronne que celui qui peut valablement régner ; elle légitime le roi, le désigne comme seul possesseur du trône. Cette onction royale, symbole de la Grâce et de l’assistance de Dieu, est voulue par Jeanne d’Arc pour Charles VII.

Dès la première entrevue à Chinon avec le dauphin, Jeanne lui affirme que le royaume de France appartient à Dieu, et fait enregistrer par greffier devant Charles VII, un acte de donation écrit, par lequel le roi remet son royaume à Jeanne, qui le rend à Dieu, à qui il appartient de Droit. Dieu le donne alors en gérance au roi Charles, au nom de Dieu. Le roi devient le vicaire de Jésus Christ. Le baume miraculeux de la sainte ampoule lui donne un pouvoir, qui le place au-dessus des autres hommes, lui assurant l’assistance de l’Esprit Saint dans la gouvernance du royaume. Les seigneurs lui doivent obéissance et respect.

«Celui qui est oint se place sous la dépendance du Seigneur. Il devient un «Christ», terme qui veut dire « oint »; on  doit respecter sa vie selon le principe de la théocratie juive, mais le prince ne devient véritablement roi qu’après son couronnement. Le roi reçoit son autorité de  Dieu, représenté par l’Eglise.»

Sous l’impulsion de Jeanne d’Arc, nait un véritable sentiment de patriotisme français, qui renforce la légitimité dynastique dans la succession au trône. C’est ce qu’affirme Jeanne lors son hommage à Charles VII, en s’agenouillant et pleurant à chaudes larmes, entourant de ses bras les genoux du roi, « faisant grande pitié à tous les capitaines », après le   Sacre :
« gentil roi, or est exécuté le plaisir de Dieu qui voulait que je levasse le siège d’Orléans, et vous amenasse dans cette cité de Reims recevoir votre Saint Sacre, en montrant que vous êtes vrai roi, et celui auquel le royaume de France doit appartenir.»

La Loi Salique prévoit que la succession au trône se fait de mâle en mâle,  selon le principe de primogéniture, pour empêcher le morcellement du royaume.

« La succession par principe d’hérédité ne s’établit dans le royaume des FRANCS, qu’à partir du IX e siècle.

Les premiers Capétiens agissent comme David, faisant sacrer Salomon de son vivant; il s’agit de rendre inattaquable la dynastie naissante ».

La signification du Sacre de 496 à 1789

Le sacre français se déroule selon un rituel codifiant la cérémonie revue par Charles V, qui établit un Ordo Coronationis en 1365.

Le sacre est en France la consécration nécessaire de l’autorité royale. « Gentil dauphin » disait Jeanne d’Arc à Charles VII tant qu’il ne fut  pas sacré »…

Le sacre du roi est un sacrement de l’Eglise réservé à l’héritier légitime du trône. C’est une consécration religieuse qui donne au roi la mission de défendre l’Eglise du Christ, de faire que ses peuples respectent l’Eglise et mettent en pratique les lois divines des Evangiles.

« Le peuple chrétien le considère comme l’élu de Dieu, l’oint du Seigneur ; la source des droits donnés par Dieu lui arrivent par la naissance. De son côté, le souverain accepte sa fonction comme un  mandat. Il régne au nom du TOUT-PUISSANT, en vertu d’une délégation officielle.

II y  a plus encore : un lien religieux se forme entre le Roi et son Royaume, pour s’adjoindre à celui du droit héréditaire. Leur union devient ainsi plus forte et plus féconde.
Le Roi appartient à la France et la France appartient au Roi. Le Roi lui doit le service d’un gouvernement ferme, sage et chrétien.

La France lui donne toute sa fidélité et son dévouement. L’Eglise en consacrant cette union lui donne un nouveau droit et respect public, ceux qui  tenteraient de le rompre se  rendraient coupables d’un sacrilège. Le sacre fait du prince un homme ecclésiastique, sa souveraineté apparaît comme une fonction sainte. »

La ville du Sacre

Reims est la ville du sacre. C’est une mission que la  Providence lui donne. Elle y est préparée par son histoire. Le baptême de Clovis a désigné Reims dès le début de la fondation de la fille aînée de l’Eglise. Hugues Capet y reçut l’onction royale. 48 rois sur 64, furent sacrés à Reims.

Le Roi « Très Chrétien », ainsi que le note Jean de Pange, « s’élève au-dessus de l’ordre national : il participe de la royauté universelle du Christ »

Jonas évêque d’Orléans, écrit en 831 « De Institutione regia » : «L’autorité royale est d’origine divine».

L’éminent bénédictin Dom Besse, expose la signification du sacre : « Le Roi prend possession de son trône le jour du sacre. Jésus-Christ lui confère dans la basilique de Reims l’investiture du royaume. Il reçoit de Dieu les aptitudes au gouvernement. Nous les appelons, dans la langue chrétienne les grâces d’état. Un caractère sacré s’imprime sur toute sa personne, il en fait un être à part, un consacré.

La veille du Sacre,  jour le plus important de sa vie, le roi se présente devant la cathédrale « pour prier Dieu et demeurer, veillant en oraison tant qu’il lui semblera bon et que sa dévotion le retiendra ».

Puis il va dormir au Palais épiscopal. Le lendemain, « les quatre otages » vont chercher la Sainte Ampoule (cassée par le révolutionnaire Rhul, mais recueillie en partie, et conservée dans un reliquaire) à l’Abbaye Saint- Remi, et reviennent à cheval jusqu’à la cathédrale, rejoindre la procession des évêques et des prélats qui entourent le roi, sous les acclamations de la foule.
Arrivant devant la cathédrale, où retentissent les Psaumes, les portes ouvertes à deux battants, la cérémonie commence.

Elle se déroule en trois phases, durant lesquelles les prières se succèdent, ponctuées de musiques bien précises:

les serments du roi;
la bénédiction des insignes royaux, appelés les régalia, au son du Te Deum: la couronne, le sceptre, les éperons d’or, la main de justice, l’épée;
l’onction

Cette dernière phase est la plus importante. L’onction est le sacrement qui fait passer le roi du statut de simple homme, à celui de consacré par Dieu. Le roi et l’archevêque se prosternent côte à côte devant l’autel, pendant que le choeur entame les litanies. Ensuite, l’archevêque marque le roi avec l’huile sainte en six endroits: sur la tête, les épaules, la poitrine, et la jointure des bras.

Revêtu seulement d’une chemise, le roi revêt alors la tunique et la chape de soie.

L’archevêque procède ensuite à une nouvelle onction sur les mains du roi qui enfile les gants, et par-dessus, au doigt, l’anneau symbolisant l’union entre le souverain et son peuple.

Puis vient le couronnement :
les douze pairs  tiennent la couronne au-dessus de la tête du roi pendant qu’il est conduit au trône.
Elle est ensuite placée sur sa tête.
Assis sur son trône, oint et portant  la couronne et les attributs de sa puissance, le roi apparaît alors au peuple en « Majesté royale ».

« Et à  l’heure que le roi fut sacré, et aussi quand on lui assit la couronne sur la tête, tout homme cria « Noël! »  (Noël veut dire « joie »). Et les trompettes sonnèrent de telle manière qu’il semblait que les voûtes de l’église dussent se fendre »…

L’archevêque et les pairs se prosternent alors l’un après l’autre devant Sa Majesté en signe d’hommage…
Le soir après le festin  royal, le roi accompagné de la reine, se promène sans garde au milieu de son peuple, et s’entretient avec les uns et les autres, comme un père au milieu de ses enfants; le peuple peut l’approcher et lui parler sans protocole.

La guérison des écrouelles

Le troisième jour après le Sacre, le roi partait en pèlerinage à la chasse de Saint Marcou, où les malades atteints du mal des écrouelles (adénites tuberculeuses) se mettaient en ligne, à genoux.
Le souverain les touchait, en faisant le signe de Croix sur leur front, au menton, et d’une joue à l’autre en disant « le roi te touche, Dieu te guérit ».
Le roi devait être en état de grâce, et  avoir communié le jour même, pour pouvoir exercer sa bienfaisante prérogative.

Claude de Seyssel, Archevêque de Turin, affirmait que « ce privilège n’est pas accordé à tel ou tel de nos rois, à titre personnel, mais exclusivement à la fonction de Roi de France, quel qu’en soit le détenteur, dès qu’il est l’héritier légitime de la Couronne et qu’il a été sacré ».

Le Docteur Robert Van der Elst affirma la guérison des scrofuleux dans la magistrale critique qu’il fit de M. Bloch «les Rois thaumaturges» :

« Le fait ne s’explique que par une cause transcendante, et cette cause c’est la prédilection marquée de Dieu envers la dynastie des rois de France. » Est-ce parce qu’ils sont rois? Non certes car les rois des autres pays ne sont pas favorisés du même prestige. Est-ce parce qu’ils sont saints? Non pas davantage, car ils le sont tous très inégalement et certains ne le sont pas. Qu’y a-t-il donc en eux qui justifie cette sorte d’alliance entre leur race et Dieu? »

« C’est précisément la vocation de leur règne; Ils sont Rois pour concourir au règne de Dieu. Ils sont de la race élue pour cette fonction; ils reçoivent ce privilège à la façon d’une grâce sans doute imméritée, comme toute grâce, mais motivée par leur devoir sur le sens duquel tout le peuple est renseigné. C’est ce que rappelle le traité de « Regimive Principum », commencé par Saint Thomas.
Tous les sacres furent suivis de cette cérémonie, durant laquelle le roi de France guérissait les malades par ce don thaumaturgique.
Dieu manifestait ainsi sa miséricorde et sa prédilection au « fils ainé de Son Sacré Cœur », selon l’expression désignant Louis XIV, lors des apparitions du Christ à Paray-le Monial en 1673. »

La Bibliothèque Nationale renferme un grand nombre d’ouvrages, anciens et modernes, où sont traités ces faits prodigieux ». Le Pacte de Reims Claire Martigue Ed. Tequi

Le serment du Roi
prononcé par le roi durant le sacre

« Je promets au nom de Jésus Christ au peuple chrétien qui m’est soumis :

  • de faire conserver en tous  temps la paix à l’Eglise de Dieu, par le peuple chrétien.
  • d’empêcher les personnes de tout rang de commettre des rapines et des iniquités de quelques nature qu’elles soient.
  • de faire observer la justice et la miséricorde dans tous les jugements, afin que Dieu, qui est la source de la clémence et de la miséricorde, daigne la répandre sur moi et sur vous aussi.
  • de m’appliquer sincèrement et de tout mon pouvoir, à exterminer de toutes les terres soumises à ma domination, les hérétiques nommément condamnés par l’Eglise. Je confirme par serment toutes les choses énoncées ci-dessus : qu’ainsi Dieu et ses saints Évangiles me soient en aide ».

Le-baptême-de-Clovis

Toutefois  si l’évêque de Reims confère le sacrement du sacre, le roi reçoit son pouvoir de Dieu et non pas de l’Eglise; voir p 159 Le sacre des rois de JP Bayard :

Saint Louis nie toute dépendance royale à l’égard du pape. Dans l’ordre temporel, seul le roi est responsable devant Dieu de la gestion du royaume.

Fènelon enseigne dans les Plans de Gouvernement rédigés en 1711 pour le Duc de Bourgogne, que le pape n’a aucun pouvoir direct sur le temporel des princes, mais seulement un pouvoir indirect, qui se réduit à décider sur le serment par voie de consultation.

Bossuet se prononce plus ouvertement encore : « Les rois et les princes ne sont soumis à aucune puissance ecclésiastique dans l’ordre temporel, par l’ordre de Dieu ; ils ne peuvent être déposés ni directement ni indirectement en vertu du pouvoir des clés de l’Eglise ; enfin leurs sujets ne peuvent être déliés, en vertu de ce pouvoir , de la foi, de l’obéissance, et du serment de fidélité qui les attachent à leur prince ».

Le roi reçoit une onction épiscopale qui le met sur un pied d’égalité avec l’évêque. Il a rang de diacre, assimilé à un évêque indépendant, seul devant Dieu.

Pour Fustel de Coulanges, « le roi consacré à Dieu comme les évêques, devient une sorte d’évêque». Boniface VIII,  comme ses prédécesseurs, soutient la subordination de la puissance temporelle envers la spirituelle, tout en reconnaissant la distinction entre les deux puissances. Pour être légitimée, la fonction royale doit recevoir l’approbation du domaine spirituel. Il est évident que le peuple ne peut conférer un pouvoir qu’il ne possède pas lui-même. Le pouvoir véritable ne peut venir que de Dieu, comme l’a prouvé Jeanne d’Arc, envers et contre tout.

« Je suis l’Unique et pure Eglise » disait le Christ à Sainte Thérèse… »

« Jeanne est très loin des considérations politiques. Elle qui vient du peuple, sent intuitivement, charnellement, que le vrai lien entre le roi et son peuple, c’est le sacre qui le matérialise. Cette cérémonie fait de la personne du roi un être « sacré », c’est à dire religieux, et confère à son autorité une  dimension unique et inégalable. Contesté politiquement, voire même battu, le roi sacré reste le roi, parce que c’est Dieu qui a fait le roi.
A plusieurs reprises dans l’histoire de France, ce lien se manifestera par une loyauté, qui empêchera de contester le pouvoir royal et de s’en prendre au roi, même s’il est rejeté en tant qu’individu.
Personne ne peut moralement prendre sa place ». « Jeanne d’Arc »  d’Alain Gilles Minella.

L’ Apostasie de 1789 à 2014

La révolution française de 1789, après le régicide de Louis XVI, voulut nier les Droits de Dieu, et les remplacer  par les Droits de l’homme; elle mit la déesse « Raison » sur l’autel de Notre Dame de PARIS.
Ce fut l’apostasie, le reniement de sa foi jurée à Dieu par 64 rois depuis l’an 496.
Une abominable guerre civile s’en suivit, au nom de la Liberté, de l’égalité et de la fraternité républicaine; la France ne s’ est jamais relevée du reniement de sa foi chrétienne et de son régicide; elle est maintenant au ban des nations, donnant l’exemple de l’apostasie, se livrant aux idoles du monde, tombant de déchéance en déchéance  dans des mœurs dépravées, dignes des nations païennes…10 millions de jeunes français ont été assassinés par l’avortement depuis le 28 Décembre 1974, jour des saints Innocents, jour où fut votée la loi Veil. Plus de victimes qu’en firent toutes les guerres depuis deux siècles!

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